KEEP YOUR HEAD UP,
KEEP YOUR HEART STRONG

Quelques lettres qui font écho en moi. L’écho d’un moment de grâce. L’écho d’un moment suspendu dans le temps. L’écho d’un larsen qui se transforme en note de musique. L’écho de moments inoubliables, partagés avec toi, ma Stefou.

A Stephanie

Son nom revenait sans cesse sur le tapis lorsque nous imaginions nos concerts de de rêves. Tu avais ta place à La Laiterie de Strasbourg en 2012, et tu as connu la frustration de l’annulation.

Il aura fallu attendre 4 ans après I Forget Where We Were pour que Noonday Dream voit le jour. 4 longues années à attendre des nouvelles du prodige. Puis un jour, sans qu’on s’y attende, une photo sur insta va rallumer un espoir et raviver une flamme. Toi qui avais enfoui ce rêve dans un petit tiroir de ton cœur, tu ne savais pas encore que, lorsque tu le rouvrirai, ce serait encore plus grand.

 

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Cette escapade parisienne restera inévitablement gravée dans ma mémoire. Évidemment pour Ben, mais aussi parce que, comme toujours, absolument rien ne s’était passé comme prévu…

Devoir prendre la voiture à cause des grèves SNCF. Devoir faire le plein en région parisienne en période de pénurie. Devoir rouler dans Paris. Devoir rouler dans Paris et prendre le rond-point de l’Arc de Triomphe… Mais bordel, il y a combien de sorties dans les ronds-points parisiens ?!

Tu te souviens comme il faisait moche et froid ce jour-là à Paris ? Ni la pluie, ni la fraicheur ambiante ne nous auraient découragé. La devanture de la salle apparaissait, quelques personnes attendaient déjà. Plus qu’une poignée d’heures, et Ben sera là, enfin face à nous, après tant d’années d’attente.

Évidemment que rien ne se passe normalement quand nous sommes ensemble. Mais c’est aussi tout ce qui fait le charme de nos aventures, non ? C’est ainsi que nous avons choisi la file d’attente qui n’ouvrira jamais ses portes, que nous voyions les gens passer devant nous alors qu’ils venaient d’arriver… et que notre vénermètre commençait à monter en flèche.

Bon, d’accord, nous ne savions pas que nous allions devoir patienter dans le hall d’entrée. Ce que nous ne savions pas non plus, c’est qu’une fois les portes ouvertes, nous allions nous retrouver derrière une nana qui, avec une place gradin (achetée plus chère), voulait accéder à la fosse… Le mystère des gens, appelons ça ainsi 🤦🏻‍♀️. Est-ce que nous sommes des aimants à gens bizarres ? Plus je traine avec toi, plus je me rends compte que oui, indéniablement.

Avec cet enchaînement de petites poisses, je me demande encore aujourd’hui comment nous avons pu atterrir au premier rang, décalés sur la droite. Le temps d’attente allait encore être long avant que les lumières ne se tamisent, mais nous y étions, toi, moi et Calo, avec nos t-shirt concoctés spécialement pour l’occasion : Keep your Head up, Keep your Heart strong. Encore pardon Calo, je sais que ça t’a coûté de le porter, mais finalement, le message qu’il portait t’allait à ravir : “No, No, No, NO” 🙅🏻‍♂️

The Dead Tongues

The Dead Tongues a ouvert la soirée. Tu te souviens comme on a tout de suite remarqué ce faux air de ressemblance avec James Bay ? Ça devait être une question purement capillaire, mais nous, nous voulions y voir une ressemblance. Est-ce qu’on a encore les boules d’avoir loupé James en France ? Oui, un peu. Beaucoup.

A ce moment précis, cette chevelure appartenait à un certain Ryan Gustafson, “The Dead Tongues”. Seul sur scène, il enchaîne les airs de country music, armé tantôt d’une guitare tantôt d’un banjo, avec un harmonica à portée de mains. Jouer de l’harmonica et du banjo en même temps, je dis chapeau et respect.

Ryan était stressé, ça le rendait maladroit mais attachant. Il a assuré un pré-show en bon et due forme : un inconnu qui nous fait découvrir son univers. C’était plaisant sans être exaltant, c’était suffisant sans être entêtant. On valide, et ça nous arrivera même de réentendre sa voix dans une playlist spotify fourre-tout.

Tu sais Stefou, ce que je retiens surtout de cette première partie, c’est ce fun facts improbable : quand il parlait, c’est moi qui te traduisais tout. Moi…qui traduis de l’anglais…alors que je n’ai pas eu mon CLES. Quand nous nous sommes rendues compte de la supercherie, nous n’avons pas pu nous empêcher de pouffer de rire.

Ben Howard

La scène m’a tout de suite frappée : il y avait des instruments partout et de tous les styles. C’est un petit orchestre qui apparait sur scène. Ben ferme la marche, un verre de vin à la main. Un petit bonjour timide de la main, et le show démarre.

A Boat to an Island on the Wall, Towing the Line et Someone in the Doorway s’enchainent avant de faire place à All Down the Mines, un interlude lancinant. Ben est un génie, un véritable virtuose. Il nous transporte si loin dans son monde qu’on a du mal à remettre les pieds sur Terre.

C’est exactement ce que nous avons vécu ce soir-là, tu ne pourras pas dire le contraire. Ce sentiment d’avoir vécu un rêve, et quel rêve… Cette soirée, c’était une dose de “bonheur à l’état pur, brut, natif, volcanique, que pied ! C’était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l’héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét’, ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy […].  Mieux que la liberté. Mieux que la vie…” (les vrais reconnaitront cette citation). Ce soir-là, nous avions rendez-vous avec la Musique, et le Bonheur qu’elle peut procurer.

Cette adrénaline, c’est ce qui nous a permis de faire ce périple. De tenir une nuit entière sur la route, pour arriver à bon port à 6h le lendemain matin. Ce périple, c’était notre moment, et si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seule seconde. C’est avec toi, Stefou, que je vis mes plus belles aventures.

Les réjouissances continuent : A Boat to an Island, Part II / Agatha’s Song, There’s Your Man, What the Moon Does, The Defeat. Nous planons dans ses airs folks et intriguants, nous volons entre ses notes sombres et déstabilisantes. Aussi bien qu’il sait manier la prose, il sait manier la mesure.

Pour autant, Ben ne se laisse pas transpercer. Il vit sa musique avec beaucoup d’intensité. Il plane encore plus haut que nous. Il gardera la tête baissée la plupart du temps. “Thank you Paris. Merci” seront ses seuls mots de la soirée. Peut être que nous aurions apprécié une interaction de sa part. Mais ça n’arrivera pas… pas ce soir-là.  Est-ce que ça nous a déçu ? Non, parce qu’au fond, on s’en doutait un peu.

Comment pourrions-nous lui en vouloir ? Ce mec gifle les cordes de ses guitares comme un Dieu. Son faux air de surfeur australien à chemise fleurie et son tatouage qui sent le monoï polynésien nous font définitivement craquer.

On voudrait que ça ne s’arrête jamais. Small Things et I Forget Where We Were nous font bondir dans son précédent album. Le public se prélasse, nous les premières. Le public se prélasse, nous les premières. Cette ambiance douce devient progressivement plus intense. C’est exactement là qu’il voulait nous emmener, par la musique, par la scénographie, par l’ambiance. Murmurations nous amène à l’apogée de cet envoûtement. Il s’échappe de scène. On reste là, on redescend peu à peu, bouches-bées.

Il revient. Ca sent vraiment la toute fin. Nica Libre at Dusk retenti. “Forever, forever such a beautiful thing“. Il a tellement raison. On ne pourra jamais oublier l’intensité de cette soirée. C’est finalement Promise qui clôturera définitivement cette parenthèse inattendue. Le morceau sonne comme le générique de fin d’un très beau film, qui nous marque à jamais. Ce concert nous a marqué à jamais…

Nous sortons, des étoiles plein les yeux. Je ne savais pas qu’à ce moment précis, j’allais croiser une tête qui m’était familière et avoir encore plus d’étoiles dans les yeux. Je n’avais qu’une envie à ce moment-là : parler de ce que nous venions de vivre avec lui. Mais t’étais où Stefou pendant ce temps-là ?!

Un grain de folie t’a parcouru en repartant. Le rond point de l’Arc de Triomphe ne te faisais plus peur (on avouera qu’à cette heure-ci de la nuit, il n’y avait que nous qui l’empruntions). Il me semble que tu as même fait deux fois le tour, le temps que le GPS nous guide jusqu’à… la Tour Eiffel. “ON S’EN FOUT DES DÉTOURS ET DE LA CONDUITE PARISIENNE, ON A VU BEN PUT***”. Je nous entends encore rire à en pleurer. Ce trop plein de confiance, cette merveilleuse vadrouille nous aura, une fois encore, fait vivre notre meilleure vie.

A toi ma Stefou. A ta folie. A tes manières. A tes bonheurs. A ton amitié qui m’est si précieuse…❤️

Ce soir-là nous avons vendu notre âme à Ben comme on conclu un pacte avec le Diable

signature nathou jolies choses blog cinéma theatre voyages musique

Posté le 07/04/2019


'ON FAIT COUCOU
LES P'TITS GARS'

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